De l’art à l’hôpital

Nous savons depuis longtemps qu’art et médecine sont liés, et que chacun dans leur domaine a une influence indéniable sur notre santé. Le milieu hospitalier s’en est emparé et a fait entrer l’art à l’hôpital pour le plus grand bien des patients.
L’ouverture de l’hôpital à de nouvelles pratiques alternatives a libéré l’accès de l’art en milieu hospitalier.

L’art à l’hôpital concerne :

 

    • les patients, avec l’art-thérapie

    • le personnel soignant ainsi que le public.  L’art s’expose dans les lieux de soin et de vie.

L’art devient un mode d’expression des malades. Il améliore également les conditions de vie des soignants et de tout le personnel.

Chaque année, ce sont près de 40 millions de personnes qui suivent un parcours hospitalier, ou qui viennent visiter des proches. C’est donc un formidable territoire de mixité sociale, où il n’est plus rare de visiter des expositions.

Que ce soit comme mode d’expression dans un cursus thérapeutique ou pour le simple plaisir des yeux, l’art aide à retrouver l’énergie et les forces de vivre nécessaires pour lutter contre la maladie et les traumatismes.

Intégrer des expositions dans l’hôpital, c’est permettre à chacun, quelles que soient ses conditions, d’avoir accès aux arts plastiques. C’est une fenêtre ouverte sur l’esthétique et l’émotion qui peut faire naitre un désir pérenne de côtoyer le monde de l’art. C’est aussi faire entrer une part d’humanité dans un lieu de technicité.

 

Des expositions en milieu hospitalier.

Il existe peu d’endroits où l’art pourrait toucher autant de personnes. Ouvrir l’hôpital aux artistes afin qu’ils y présentent leurs œuvres est une gageure pour le monde de la culture. Quoi de plus noble que d’offrir aux patients de nouvelles ressources de bien-être ?

De plus en plus d’expositions d’art sont plébiscitées à l’hôpital. En témoignent les nombreux évènements qui s’y déroulent depuis quelques années. Pour ne citer que deux exemples :

 

    • A l’hôpital Bretagne Sud de Riantec près de Lorient, des personnels soignants ont invité l’artiste Sandrine Rabaey à venir égayer les couloirs, le temps d’une exposition. Ouest-France – publié le 7 décembre 2018

    • Le Centre Régional de cancérologie Henry Kaplan du CHU de Tours a hébergé pendant cinq ans une exposition de tableaux de grandes dimensions suivant un partenariat entre les Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) et les Agences régionales de santé (ARS).

En France, une convention a été signée en 1999 entre le ministère de la Santé et le ministère de la Culture et de la Communication. Elle a permis de poser les bases d’un programme national « [Culture et Santé ».](https://www.iledefrance.ars.sante.fr/culture-et-sante-1#  – le dispositif «Culture, personnel hospitalier des structures franciliennes.) C’est une incitation pour les acteurs du monde culturel et les responsables d’établissements de santé à mener ensemble des actions conjointes.

 

L’hôpital, un lieu médical, mais également un lieu de vie

Au-delà des expositions institutionnelles, les artistes et associations interviennent directement à l’hôpital. Qu’ils soient provoqués par des initiatives personnelles, ou par des partenaires privés et publics, des évènements voient régulièrement le jour.

La période de pandémie a bloqué les projets. Mais l’élan est donné et les professionnels de l’art, et en particulier les artistes plasticiens, devraient trouver dans le milieu hospitalier une ouverture de plus pour exposer leurs œuvres.

Certaines des œuvres d’art sont commandées et réalisées spécialement pour les établissements.

L’association, Art dans la Cité, dirigée par Rachel Even, œuvre dans ce sens. Cette association a pour vocation d’introduire l’art dans l’hôpital. Elle fait intervenir des artistes plasticiens, parfois de renommée internationale.

Les entrées, les salles de soins, les salles d’attente, les couloirs, les chambres sont ainsi embellies.

Rachel Even est historienne de l’art et diplômée de management culturel. Elle dirige l’association Art dans la Cité créée en 2000 avec la vocation de produire des œuvres d’art pour les établissements de soin dans le monde entier.

Elle est à l’origine de “réalisation d’œuvre in situ”. Les artistes viennent dans les centres hospitaliers et les personnes hospitalisées participent à la création à leur manière, en lien étroit avec les équipes soignantes ». L’art est au plus près des patients.

L’environnement hospitalier est généralement austère et peu chaleureux. Pour le personnel vivant une grande partie de son temps dans ces ambiances aseptisées, cela peut devenir pénible.

Le principal enjeu dans la lutte contre la souffrance au travail en milieu hospitalier, comme dans d’autres milieux professionnels, est la préservation de la santé physique et mentale du personnel.

L’amélioration de l’esthétique des lieux reste un enjeu pour de bonnes conditions de travail. « De l’art sur les murs d’une façon permanente » est un mouvement qui incite à l’embellissement des locaux pour le bénéfice des malades et du personnel.

 

L’art comme mode d’expression en milieu médical

Quand on entre dans une salle de dialyse, c’est le calme du lieu qui nous frappe au premier abord. Certaines équipes soignantes proposent à leurs malades de se distraire autour de l’art. C’est dans ce genre d’expérience que l’art-thérapie prend toute sa noblesse.

Les séances sont moins contraignantes. Que l’on comprenne bien ; il ne s’agit pas seulement d’occuper les patients, mais de leur donner la liberté d’exprimer des émotions enfouies en eux : sentiments d’injustice, parfois de colère, de désespoir et de tristesse, qu’ils ne s’autorisent pas à exprimer avec leurs proches. Les œuvres produites parlent d’elles-mêmes, elles désactivent la survenue d’anxiété en créant une ambiance de bienveillance et d’entraide.

Ce qui est valable pour les services de dialyse l’est tout autant pour d’autres secteurs médicaux. L’ennemi des hôpitaux, au-delà de la maladie, c’est l’anxiété et la dépression.

L’art a ce pouvoir merveilleux de nous transporter dans d’autres mondes où la souffrance n’existe pas. Toutes les activités autour de l’art, qu’elles soient manuelles ou intellectuelles, ou simplement contemplatives, possèdent leur place à part entière dans les milieux hospitaliers.

 

L’art comme soin du corps

Au-delà de ses bénéfices en termes d’amélioration de l’anxiété, de la convivialité et du bien-être, la pratique d’une discipline artistique peut être envisagée dans un processus de guérison et de rééducation. À l’instar d’activités sportives, la sculpture, le modelage ou la peinture peuvent être intégrés dans un programme de soin. L’avantage devient double au niveau directement du corps, mais également de l’état psychique des malades.

Comme on le voit, l’art en hôpital présente plusieurs facettes. Pris comme un élément décoratif à fonction d’apaisement, comme dans les salles d’attente, il est aussi utilisé pour calmer les anxiétés, améliorer l’état mental, de même que dans les cursus de soins. Il apparaît donc de nos jours indispensable à la bonne gestion des soins et des établissements.

Art à l'hôpital

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